stephane gantelet
sculpteur
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Le blog de l'atelier

Ici j'entrouve la porte de l'atelier avec une parole plus libre (plus légère aussi, parfois trop ?)
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24 minutes

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Hier, le 4 juillet 2019, nous présentions à l'IMP de Tujean le film des 24 vidéopoèmes que nous avons mis en scène avec Juliette Mézenc à partir du travail réalisé durant deux workshop de 15 jours avec les jeunes de la structure. Le resultat est un film entièrement en images de synthèse assez étrange: 24 Minutes

ou ici :

Merci à Clémence Ravion pour la proposition, l’accueil et tout le reste.

Je fabrique ou j'use ?

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Un truc me turlupine, normalement je possède ce que j'achète dans un monde où les hommes sont ce qu'ils sont, tenez, une voiture par exemple, une fois payée (la peau des couilles), elle est à moi et je l'use comme bon me semble. En conséquence elle perd sa valeur rapidement. Normal, je l'use. Mais si j'achète un téléphone c'est plus pareil. Bien sûr il va s'user et faudra en racheter un (la peau des couilles) dans pas longtemps. Mais comme il est intelligent, lorsque je l'use je me rends précieux. Enfin pas moi directement mais la version de moi sur le réseau, le méta-moi. Car mon moi, mon profil sur le réseau, s'enrichit de toutes les données que mon téléphone renvoie au cloud lorsque je l'utilise. C'est fou ce qu'on peut faire avec un profil bien renseigné. Paraît qu'aux USA ils ont influencé une élection présidentielle comme ça. En fait mon méta-moi que je fabrique sans en avoir pleinement conscience vaut de l'or. Mais y a jamais moyen de savoir combien et c'est bien dommage. Un jour je vais réaliser que je suis “l'homme qui valait 3 milliards” et ce sera trop tard pour réclamer. Mais en attendant un truc me turlupine : ce téléphone que je possède, qui pour moi perd de la valeur alors que j'en produis comme pas possible en l’utilisant, comment c'est possible? C'est le casse du siècle ou quoi ? Je fabrique ou j'use ? Alors j'aimerais bien qu'à l'avenir, et a minima, on me paye pour avoir un téléphone intelligent dans la poche. Ou qu'on me rende mon méta-moi original. PS: j'écris ce mot sur mon téléphone Android et sur Google docs pour m'assurer que ma demande sera bien prise en compte et s'ajoute à mon méta-moi. L’obsolescence de mon téléphone étant programmée pour un peu moins de trois ans ça laisse suffisamment de temps à l'intelligence artificielle pour être assez intelligente et prévenir son maître avant que je ne morde.

Le son de -1 à 1 -

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“Mathilde arrivée soir bord d’un rafiot”. Voici ce que dit mon fichier texte de la première phrasedu premier texte du niveau 4 du “Journal du brise-lames” écrit par Juliette Mezenc. Enfin, mon« fichier son » je devrais plutôt dire. Car rien ne se passe comme prévu. C’est prévu pour êtrecomme ça dans ce jeu vidéo que nous préparons depuis maintenant 4 ans. Plus ça va moins la partition du jeu est écrite. Et si elle s’écrit, c’est de manière mutante, à l'image de cette phrase du début de ce post. Car mon fichier texte qui présente une version altérée mais lisible du texte original (j’ai juste demandé au programme que les mots de moins de 3 lettres soientsupprimées) a une fonction musicale et c’est pour ça qu’il s'écrit ainsi. En effet, chaque motainsi sélectionné est ensuite épelé et, chacune des lettres de l’alphabet étant associée à unenote, le mot produit un ensemble de sons. En fait, le mot fait appel à un dictionnaire de notes.Et c’est pour ça que le texte s'écrit un peu différemment du texte original. Ce faisant je trouveassez belle cette nouvelle lecture des mots ainsi formatés dans leur contexte “json”. Un formatage fonctionnel de la phrase peut donner ça, générer une forme poétique. Quand je disque le jeu est de moins en moins écrit, je veux dire qu’il est dépendant de plus en plus du lecteur/joueur. C’est ce qui se passe ici avec le son. Le son du jeu est produit si le joueur se déplace. Le lecteur/joueur. est maître du silence ou du son. Ça depend de lui. Le mot joué dépend de la position de lecture dans la durée du texte au moment du mouvement. Ce ne sera sûrement pas une symphonie mais le joueur sera tout puissant !

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"}]} 154 ?

Sortie officielle ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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Carriet 360, le projet de jeu vidéo né de ma résidence de deux mois à l’artisterie de Carriet à Lormont en début d'année est en ligne depuis ce matin.L'idée etait de reconstruire Lormont et créer de la sorte un univers virtuel en 3D navigable bricolé et surtout irrigué par les propositions des habitants du quartier de Carriet lors de mon séjour parmi eux.Au cours de la residence, très rapidement un noyau dur de jeunes entre 8 et 14 ans s'est formé et j’ai construit mes propositions de travail avec ce public en m'appuyant surtout sur les logiciels et en m'interdisant dans la mesure du possible de me dire que c’est trop compliqué pour eux. L’objectif n'était pas tant de leur apprendre à faire que de leur montrer qu’on peut faire.Avec les groupes constitués (école, IME, etc.) les propositions s’appuyaient sur un élément graphique du jeu (nuages, avatars, arbres, etc.) et permettaient d’articuler un déroulé sur la durée de la session au contraire du public des 4h d’ouverture quotidienne. En effet la vraie difficulté qui m’a beaucoup questionné et inquiété durant la résidence est d’intéresser un public de consommateurs de jeux vidéo à créer avec des outils logiciels nécessitant l’application de procédure à l’opposé du principe de plaisir et de rapidité que propose le jeu vidéo commercial. Ajouté à cela durant le créneau horaire de 16h à 20h de presence les jeunes viennent quand ils veulent, le temps qu’ils veulent. En bref, ils sont là uniquement si ça leur plaît. Dans ces conditions, apprendre à utiliser un logiciel avant de pouvoir créer un objet 3D ou un élément graphique n’est pas une option. J’ai donc tenté la “plongée” dans le logiciel pariant sur le rapport naturel que les jeunes entretiennent avec l'ordinateur. Je me suis appuyé sur des logiciels simples tel que Sculptris, Magica Voxeller, SketchUp entre autres. Une autre manière de faire a été le bricolage scanné qui offrait la possibilité de passer par la pratique et le bricolage “en vrai” avant de le numériser et de le traiter sous logiciel.Un pattern régulier tout au long de la résidence a été de fabriquer des maisons simples en 3D, de les déplier virtuellement pour obtenir un patron avant de les imprimer et réaliser ainsi la maison en papier plié. La maison en papier pouvait dès lors être peinte et retravaillée avant d'être scannée et intégrée au jeu vidéo. Nous avons utilisé également des logiciels professionnels à quatre mains (eux et moi) pour optimiser, animer des maillages 3D, créer des textures et du contenu numérique. Le point d'entrée du projet qui repose donc sur le territoire où habitent ces jeunes nous a donné l’idée de commencer par arpenter ce territoire. Nous avons donc installé ViewRanger sur leur mobile et organisé des balades dans le quartier afin de récupérer les fichiers GPS et créer le terrain en 3D leur proposant de la sorte de ne pas systématiquement être assis devant l’ordinateur.Il n’en reste pas moins que, dans ces conditions, les créations sont fabriquées d’un jet excluant tout retour en arrière et regard critique qui permettraient de les améliorer. La question de la qualité du travail et donc de l'utilité de l'intervention des jeunes pour nourrir le contenu du jeu vidéo final a été un questionnement permanent. En d'autres termes je me suis souvent demandé si ce que nous faisions à l’artisterie ne relevait pas de l’animation sans lendemain. Curieusement la réponse s’est faite d’elle-même de manière très naturelle du fait du processus de fabrication. En effet, les passages du réel au virtuel que j’ai cherché à favoriser et à multiplier dès que possible ont contribué à donner un caractère bien particulier à ces créations ajoutant à l’un quelque chose de la nature de l’autre. Ainsi le jeu a acquis quelque chose que je souhaitais dont je ne connaissais pas la nature visuelle. Durant la résidence, des jeunes ont fait spontanément des propositions que nous avons systématiquement favorisées et intégrées au jeu tel que des raps avec vidéoclips. Nous enregistrions souvent les séances de travail et là encore très vite le micro nous a échappé et je me suis retrouvé avec des heures de rush audios qui allaient constituer bien plus qu’une matière sonore pour agrémenter un jeu. Car dans cette tentative généreuse et un peu cinglée de construire avec des néophytes des choses qui passent par des outils technologiques compliqués bien qu’accessibles, une chose s’est produite. Il n’a jamais été question de faire un jeu de guerre ou d'aventure. L'idée était de faire un plateau ouvert à arpenter et découvrir en 3D temps réel (FPS) sans réel gameplay.Lorsque je me suis retrouvé seul avec toute cette matière foutraque et curieusement particulière pour un jeu vidéo, j’ai compris que l’intuition que j'avais eue en début de résidence apparaissait ici de manière évidente et donnait à l'expérience de jeu un caractère reflexif : un jeu vidéo qui parle de lui-même. Dans Carriet 360 le jeu vidéo est un sujet pour lui-même et Carriet, la scène de ce retour sur la fabrication d’un monde virtuel. Ainsi la question de la qualité, du niveau de détail, du son du jeu se trouvent résolus et la moindre création des jeunes trouve ici une place naturelle qui en dit long sur le jeu lui-même et sur sa singularité. Concrètement lorsque je me déplace dans Carriet 360 au volant de la Twingo de Clémence – que nous avons scannée et qui a été repeinte par l’IME grâce à un logiciel de peinture 3D – et que je heurte un arbre, au lieu d’un son de tôle froissée, j’entends un son électronique fabriqué lors de sessions micro ouvert avec le synthétiseur de Rodrigo, éducateur de l’IME, accompagné des exclamations et fous rires du jeune qui vient tout juste de créer ce son. Dans cette production? d’un jet micro ouvert, c'est bien plus qu’un son qui est créé, c’est toute une gamme d'émotions et d’expériences que ce son créé chez celui qui le fabrique au moment où il le fabrique. Et ce son est enregistré et restitué au moment du jeu.En jouant à Carriet 360, l’atelier de création – l’artisterie – s’ouvre à nouveau livrant ce que créer un monde en 3D navigable a suscité chez ceux qui ont vécu cette expérience.  C’est vrai pour les jeunes, pour les animateurs et pour moi-même.Dans l’exemple de la Twingo on comprend que le son n’est plus illustratif mais plutôt une transposition de ce qu’il est sensé illustrer. Cette expérience de jeu et ce rapport inattendu bien que lié propose quelque chose de l’ordre du plaisir artistique et de la poésie désintéressée. Télécharger le jeu

Carriet 360 °

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Fin de charette en vue. Tête hors d'eau et p'tite fête pour l'occas. Je respire. Et après la fête le jeu sera en téléchargement libre sur mon site.

En attendant le teaser du jeu est là : Teaser sur Youtube

123D Terre

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En voyant les enfants de Carriet (Lormont - Bordeaux) jouer à 123D Terres j'ai réalisé que je n'en ai jamais parlé. Trop pris par la réalisation technique. Pas le temps. C'est dommage je me dit. Alors voila. J'en parle:

1.2.3.D Terres est un FPS littéraire : le lecteur e?volue en came?ra subjective dans un environnement virtuel ou? lire/voyager fait gagner des points de vie. C’est donc un jeu vidéo d’un nouveau genre. Il n’est pas question ici de tuer des zombies mais plutôt d’arpenter un paysage, contempler, écouter ou lire des textes. 1.2.3.D Terres a été créé en 1 mois avec 12 participants, adultes et adolescents, lors d’ateliers d’écriture et création 3D dans les médiathèques Mitterrand à Sète (34) et Montaigne à Frontignan (34) entre octobre et novembre 2016. Ce jeu a donné lieu à une restitution publique le vendredi 2 décembre à la médiathèque Montaigne de Frontignan.

Conception du projet : Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet/Projet financé par la DRAC Occitanie et Thau agglo

Réalisé par :/Florian Duchesne/Gaetan Chatelain/Ghuilhem Navarette/Hugo Halablian/Ianis Montoy/Tanguy Roumeau/Alyce Garcia/Nathanael Rojas/Bahija Boubaker Saindani/Djibril Fis/Edwin Coulthurst/Paul Messina

Carriet

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Je réalise que je parle et publie des images sur Facebook de l'artisterie où j'ai été invité par Sophie Robin et les membres du collectif Jesuisnoirdemonde du côté de Bordeaux (Carriet a Lormont) qu'il est surement temps d'être un peu plus précis sur ce projet pour ceux qui se poseraient des questions. Alors voilà :

Pourquoi· En abordant un lieu de vie avec un arsenal simple dont nous sommes tous déjà équipés (le téléphone portable) la production de matière numérique telle que photo, vidéo, son, relevé GPS, image satellite et image Street View permet de porter un regard interprété et neuf sur ce territoire. Il est particulièrement intéressant d’impliquer les gens qui vivent sur Carriet dans cette collecte et de se faire accompagner par eux dans la création qui en découle. La proposition finale sous forme d’œuvre les concerne directement et est le résultat de leur propre décalage du regard sur leur environnement quotidien. De la sorte on instille également l’idée que la technologie est une matière dont on peut s’emparer et on s’affranchit ainsi un peu de la fascination dans laquelle elle nous plonge et de la dimension quasi-magique de son fonctionnement.

Comment· En fabriquant de la matière numérique par prélèvement et en la traitant dans un esprit de bricolage au travers d'un ensemble de logiciels mais aussi de travaux manuels tels que le pliage de papier d’après des « catch » 3D des constructions de la cité. Mais aussi en imprimant en 3D un immeuble du quartier modélisé puis en le réinjectant par scan 3D dans l’univers virtuel créé avec cette matière.

Quoi· En mixant l'ensemble de nos productions numériques sur un territoire virtuel, en la mettant en scène et en l'organisant, on crée un nouveau « monde » navigable et téléchargeable. De cette façon ce nouveau « monde » entièrement fabriqué, inspiré par un territoire et nourri par ses habitants, se multiplie à l'envie et s'exporte par le réseau Internet bien au-delà de Lormont. On a alors créé un jeu vidéo qui s’affranchit des frontières géographiques.

Aubais bis ------------------------------------------------------

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Alors voilà. Ce sera très bientôt. Dans très pas longtemps du moment que j'écris en ce moment. Enfin vous voyez. Vous voyez ce que je veux dire, comme dirait Pierre Tilman. C'est pas compliqué en fait. Il suffit de me suivre et de lire : On y sera (où? : ici) avec Juliette Mézenc pour une lecture/manipulation en direct du FPS littéraire "Nous sommes tous des presqu'îles" le soir du vernissage (aussi en téléchargement libre à cette adresse http://gantelet.com/spip.php?page=article&id_article=90). Pour le reste ce sera une grande expo collective dans le château d'Aubais dans le Gard. J'y presenterai pour la première fois un grand "Embranchement" et le jeu sera à la disposition du public durant toute la durée de l'exposition.

Le truc de Jean Denant -------------------------------------

squelettes/blog/img/Le_truc_de_Jean_Denant_-------------------------------------30.jpg

C'est toujours comme ça au début. Ça commence forcément de toute façon. Donc c'est comme ça, toujours. Au début il y a un truc. Il y a ce que l'on connait mais il ne s'agit pas de ça. Il y a autre chose. C'est ce truc qui arrive. C'est toujours comme ça. c'est pourtant pas qu'un truc. C'est souvent bien plus grand. A tel point qu'on fini par être gêné d'en parler comme ça, comme d'un truc. C'est vrai, c'est souvent comme ça. Là en tout cas c'est comme ça. Il y avait autre chose, plein de choses même je crois. Alors j'arrive, on me dit ça c'est ton nouvel atelier. Bon petit local en dur pour déposer tout mes bouts de truc et machiner dans de bonnes conditions. Mais à côté j'ai des voisins. Ils font plein de trucs et je m'intéresse. Je m'intéresse aux trucs de mon voisin de droite notamment. Les trucs de Jean Denant ils sont arrives comme ça. C'est toujours comme ça. Et en le disant je sens bien qu'il faut que j'en parle autrement car ça a eu lieu. Ça c'est produit et le truc, le mot je veux dire, il ne convient plus. A Toulouse Jean a percé les murs. Il a découpé les murs en placo. Avec les morceaux il a créé du mobilier. Le mur en placo c'est son patron. Moi j'utilise une feuille si j'ai besoin d'un patron pour faire un montage. Lui c'est le mur. Directement. Et dans la pièce aux murs troués il monte du mobilier avec les morceaux des murs. Il n'y a rien d'autre dans la pièce : du mobilier fait avec les murs de la pièce. Et toi aussi bien sûr parce que tu vois ça. Alors tu le sens bien que malgré tout il y a un truc et ce truc c'est pas ce qu'a fait Jean. C'est bien trop grand ce qu'a fait Jean. La question est réglée, ça peut pas être un simple truc. Mais c'est toujours comme ça, y a forcément un truc. et d'un coup c'est évident, car là dans cette pièce où tu es, il n'y a qu'une seule pièce rapportée et la pièce rapportée c'est toi. le truc c'est toi. www.jeandenant.fr

www.annedevillepoix.com

Du Temps à L’Ouvrage

Exposition Personnelle

Festival International d’Art de Toulouse

Artist Run Space Lieu Commun

jeu de construction [les îles] ------------------------------

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Article publié dans le blog de la résidence de Juliette Mézenc au centre des arts d'Enghein, "nous sommes tous des presqu'îles".

Alors voila. Un terrain de jeu, c’est bien, mais c’est mieux si on l’invente. Et c’est encore mieux si on peut jouer dessus.

C’est là que Céline Lestoquard entre en scène. Prof d’art plastique intéressée par les territoires de création numérique, Céline (qui a déjà travaillé en collaboration avec Véronique Boéda à la création de livres photo/texte), propose un truc dingue : ces îles/terrains de jeu sur lesquelles les élèves travaillent avec Juliette Mézenc et qui seront intégrées dans le FPS littéraire du "Journal du Brise-lames" (jeu vidéo en camera subjective, un monde en 3D dans lequel le lecteur/joueur se balade afin de dérouler le texte littéraire sous forme lue, écrite et jouée), pourquoi ne les fabriqueraient-ils pas eux-mêmes? Vous vous rendez-compte? Je vous aide : ce que propose Céline c’est que dans l’espace d’une journée, les élèves s’emparent de deux logiciels, Artrage et Sketchup, et qu’ils fabriquent et peignent directement en 3D l’île qu’ils ont en tête. Et c’est ce que nous avons fait le 6 février 2014. Pour que cela soit possible on a fait des tests de faisabilité. Car il fallait que les îles soient utilisables sur la plateforme de jeu qui comporte son lot de contraintes. Et puis, ce n’est pas évident pour le néophyte mais lorsqu’on fabrique un volume virtuel on commet inévitablement un tas d’erreurs souvent invisibles à l’œil. Après pas mal d’échanges de mails et de pièces jointes, Céline a produit deux notes d’instructions (didacticiels) à destination des enfants. Aidée par une présentation sur grand écran de ces didacticiels, la classe s’est mise au travail.

On a pris les choses à l’envers. Sachant que la fabrication de l’île était le "gros morceau", on a commencé par la décoration avec Artrage. En s’appuyant sur un mot de leur choix et dans la langue de leur pays d’origine, on leur a demandé d’écrire ce mot comme si c’était un dessin, une calligraphie. Ce mot, c’était comme une brique culturelle élémentaire qu’on apporte avec soi dans un voyage intimidant, celui de la création assistée par ordinateur. Quelque chose que l’on connait pour bricoler avec un logiciel que l’on ignore. Facile pour eux au final. Ils avaient donc créé, avec ce mot aux mille couleurs, une image, un papier peint. On pouvait à présent construire les murs pour le coller dessus. Et ça a marché merveilleusement bien. Je veux dire qu’ ils ont fait leurs îles tout seuls, avec l’idée que l’on devait pouvoir circuler dessus pour découvrir les textes et les images qu’il auront produits avec Juliette, en atelier d’écriture, tout au long de l’année, et que l’on intégrera plus tard à leurs îles.

En fait ils ont organisé la circulation en créant des passages, des recoins, des blocs contraignant certains accès, des passerelles, des zones isolées etc. De la sorte, bien plus surement que si j’avais réalisé moi-même leurs îles en me basant sur leurs dessins on a obtenu ce que l’on espérait : une grande diversité de formes et de papiers peints ! Bon la conversion des modèles 3D pour le jeu n’a pas été simple et il a fallu corriger un nombre important d’erreurs dans le maillage. Mais ça valait le coup !

Stéphane Gantelet

Mirage --------------------------------------------------------------

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Mirage. Mirage au loin. Sète est un mirage au loin. Dans le monde virtuel que nous fabriquons avec Juliette Mézenc pour notre FPS littéraire Sète est enfin devenue une île. Plus presque. Une vraie, détachée et isolée au milieu de la mer. Sète est devenu un mirage. /

new UV -------------------------------------------------------------

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Ça fait chier c'est sûr. Mais en même temps c'est sûr, pour moi, ça le fait. Donc je le fait. J'arrive pas à trouver une forme plus excitante en ce moment. Ça veut quand même dire que pour moi c'est excitant. D'ailleurs j'ai pas envie de chercher autre chose. Je parle artistiquement parlant. Pourtant, bien sûr, ça n'a aucun intérêt artistique à priori. Franchement, formellement c'est juste nul, sans proposition. Donc si il n'y à rien à voir il y a peu être quelque chose à lire? Oui, ce n'est pas faux. Mais c'est quand même très peu vrai car qui peux lire cette langue étrangère et que dit elle vraiment? Pourtant pas une virgule qui n'ai été déplacée 10 fois pour que ces phrases produisent du sens. Notez bien que j'utilise le terme de production suivie du mot "sens". On se doute bien dés lors que la langue du texte prend le sens à l'envers. Mais elle le prends quand même. Et mon sens artistique s'en trouve profondément altéré puisque j'éprouve une grande jubilation intérieure et l'affiche ici comme une production personnelle. Alors oui je comprends que ça fasse chier de regarder ce truc avec mes yeux.

Le brise-lames à Beaubourg -------------------------------

squelettes/blog/img/Le_brise-lames_a_Beaubourg_-------------------------------44.jpg

Lundi 23 septembre nous présenterons avec Juliette Mézenc une performance à la petite salle de Pompidou dans le cadre de la manifestation Chercher le texte.

Notre perf s’intitule "Le dossier est vide" (le texte lu par Juliette est en fait une partie autonome de son Journal du brise-lames) :

"Au cours de la performance "Le dossier est vide", Juliette Mézenc lit un texte qui est un agencement/bégaiement créé à partir d’entretiens menés par Bourdieu ou Vollmann sur les questions de migration. Dans le même temps, Stéphane Gantelet fabrique des images en direct sur grand écran. La prolifération des fichiers créés lors des manipulations sur ordinateur, squelette numérique de la performance, entre dans un dialogue tantôt étroit tantôt lâche avec le texte lu pour conduire à la création d’un court film."

Juliette est également l'invitée d'un débat un peu plus tôt dans la soirée... Je copie-colle le programme ci-dessous (l’intérêt de la manifestation sera aussi pour nous d’aller écouter les autres, artistes et chercheurs) mais n’hésitez pas à faire un tour sur le site de Chercher le texte, de belles découvertes en perspective...

Programme des performances

Lundi 23 septembre 2013, 19h00 – 20h00 Lieu : BPI – Petite salle du centre Pompidou Débat : « Littérature numérique : chercher le texte ! » Modérateur : Emmanuel Guez Intervenants : Philippe Castellin, Jerome Fletcher, Juliette Mézenc.

Artpress2 - l'art dans le tout numérique --------------

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Lu dans Artpress2 n°29 intitulé « l’art dans le tout digital» articles de fond sur l’art numérique aujourd’hui. Intéressant et stimulant même si pas facile à lire. Un truc rigolo qui donne le ton pour commencer ce post un peu long: pas un article dans ce magazine dédié à l’art contemporain qui ne parle « d’ontologie ». Reflexe rapide et Wikipédia en ligne pour me rappeler que l’ontologie désigne en philosophie l'étude de l'être, de ses modalités, de ses propriétés, c'est-à-dire l'étude des propriétés générales de tout ce qui est. Mais petit problème, l’ontologie à une définition qui s’applique également à l’informatique : une ontologie informatique est l'ensemble structuré des termes et concepts représentant le sens d'un champ d'informations (métadonnées par exemple). Et cette double définition résume à elle seule les débordements que les techniques de l’information opèrent à tous les niveaux.

A commencer par celui qui concerne l’être, donc l’art. Pour faire simple et réduire le bidule à quelques mots les auteurs analysent la manière particulière que possède le numérique pour réaliser une tâche par le code (qui est une forme de langage) pour dire en quoi l’art numérique n’est pas une catégorie de l’art mais une pratique ouverte à toutes les dimensions de l’art.

Il est ainsi dit au fil du magazine que le code à l’œuvre pour la réalisation d’une œuvre numérique tel qu’une image animée par exemple est séparé de la perception. En effet, le code est écrit afin de générer une transformation dans le temps mais l’écriture du code du programme exécutant cette action ne ressemble en rien au résultat final. Un code avec un système de variables et de boucles à incréments peu produire une image qui se transforme à l’infini subissant une variation à chaque fin de boucle à la faveur d’une nouvelle incrémentation des variables du programme. Impossible dès lors pour le programmeur et le spectateur de tout voir et tout connaitre de la production visuelle du programme. Ainsi, Grégory Chatonsky montre qu’un artiste proposant une œuvre réalisée avec du code ne construit pas sa proposition artistique en fonction de l’image à la manière d’un peintre. « La perception ne peux pas être considérée dès lors comme un point final car il y a un programme qui opère indépendamment d’elle. »

A ce stade, reprenant les réflexions de Walter Benjamin sur la notion d’original et de copie en photographie (l’original serait doté d’une aura irréductible qui le distingue à jamais de la copie), l’auteur montre que tout code qui s’exécute tel que l’affichage d’une image au format JPG par exemple est une traduction, une transposition et finalement une concrétisation qui n’affiche pas l’image à l’écran de manière toujours identique selon le temps et le lieu. Le taux de compression du fichier entraine le processeur à prendre des décisions, le profil colorimétrique de l’écran, la correction gamma du système, tous ces paramètres se conjuguent pour faire de chaque copie de fichier une sorte d’original pourvu de l’aura dont parle Walter Benjamin. Ainsi donc la numérisation de la réalité au travers d’une photo réduit cette dernière à un code en lui conférant pourtant une dimension unique !

Arrivé à ce stade de la lecture je me dis que j’ai bien fait de m’accrocher et que j’ai ainsi compris plein de trucs tout en me demandant en quoi cette analyse m’éclaire sur ma pratique de « la chose » numérique en bon aveugle que je suis des mécanismes philosophiques et algorithmiques sous-jacents de ma machine. Mais j’ai tord bien sûr et ce n’est que le début. Car très subtilement les auteurs mettent en branle ces axiomes tout justes énoncés pour déployer leur vision et me permettre d’y rattacher mon expérience d’artiste numérique.

Car ce réductionnisme de la numérisation au code ne l’entraine pas pour autant vers l’abstraction, vers un univers de formes idéales décrites par une formule mathématique. Je m’explique : le code est une abstraction, ok. Mais pas une réduction mathématique. Une formule mathématique décrit parfaitement une chose et la circonscris. Cette chose, une forme par exemple, est décrite de manière pure et parfaite par la formule sans variation dans l’espace et le temps ce qui, on l’a vu, n’est pas le cas de la forme codée produite par un programme. Ainsi donc le numérique garde une dimension matériel et non idéale : « le langage numérique s’applique à toute choses car il est indifférent au sens et à la substance. »

Après Ekaterinbourg, Avignon--------------------------

squelettes/blog/img/Apres_Ekaterinbourg,_Avignon--------------------------48.JPG

Ou comment les festivals de théâtre se suivent et ne se ressemblent pas! Je vous parlais ici hier de notre aventure en Russie (je vous en reparle bientôt sous forme de petit film, sorte de carnet de voyage au pays de Nikolaï Kolyada) et bien aujourd'hui 14 h c'était la première de nos 7 représentations à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon "d'Etant donnée" conçu par Cécile Portier. A grands traits c'est l'histoire d'une femme retrouvée nue et amnésique dans un terrain vague dont on essaie de reconstituer le parcours et la personnalité en puisant dans les données collectées à son sujet par tous les enregistreurs numériques de données : téléphones portables, points GPS, réseaux sociaux, reconnaissance faciale, données biométriques etc.

Là, maintenant, à la Chartreuse, après avoir présenté un épisode de cette fiction cet hiver puis deux à Ekaterinbourg en juin, c'est l'histoire complète que nous jouons dans la cadre du festival d'Avignon. Un dispositif scénique conséquent et une foule de manipulations à accomplir en direct sur l'image et le son pendant que Juliette Mézenc et Cécile Portier lisent sur tablette et se déplacent savamment dans une structure en aluminium dessinée par Laurent Ouvrard. Et ce n'est pas tout puisque Cécile (avec la complicité de Valérie Duprès) a investi une pièce complète de la Chartreuse avec des installations sur le thème de l’identité que les gens visitent avant de pénétrer dans la salle de spectacle. Et ce n'est toujours pas tout car Cécile a aussi invité Marina Wainer et Valérie Lachapelle de "la fracture numérique" qui proposent une installation numérique dans une seconde salle de la Chartreuse. Et ce n'est toujours toujours pas tout puisque Cécile a également proposé à Alexandra Lowe d'occuper encore une autre salle avec des installations intimement liées à la lecture/performance que nous proposons. Bref, la première est passée disais-je et cela signifie que tout est en place et que tout fonctionne. Ca signifie et représente beaucoup pour nous tous!

Ekaterinbourg -------------------------------------------------

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Quelques jours avant le départ pour le festival Kolyada plays en Russie. Pas à Moscou mais à Ekaterinbourg soit à peu près autant de distance de Moscou que Paris. Deux fois la distance Paris/Moscou donc mais vers l'Oural. le plus fou c'est qu'une fois là-bas, en regardant la carte je réalise qu'on est pas encore tout à fait au milieu de la Russie! Et c'est là qu'on va jouer "Inter(faces)", un moment de la fiction Etant donnée de Cécile Portier avec Juliette Mézenc. Nous avions présenté "inter(faces)" lors de la restitution de résidence que nous avions éfféctué en octobre dernier à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. Et puis Natalia, traductrice et programatrice à kolyada plays vient nous voir et nous propose ce voyage inattendu. Une rencontre, un voyage. j'aime bien cette équation! Avis: nous présenterons "Etant donnée" dans sa totalité cet été à la Chartreuse durant le festival d'Avignon du 8 au 16 juillet. Pour soutenir le projet: Kiss Kiss Bank Bank !

making of - "étant donnée" --------------------------------

Petite vidéo du "making of" de la sculpture "654 poly" pour "étant donnée" de Cécile Portier, de la conception à la réalisation, sur place à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. Avec Juliette Mézenc également. Dans 3 semaine première représentation à Ekaterinbourg en Russie!  Kiss kiss bank bank?

Festival d'art contemporain chez l'habitant ---------

Entre Chien & Loup - Évènement Populaire d'Art Contemporain à Loupian | 25 & 26 mai 2013

  Pour le festival nous avons créé avec Juliette une proposition texte/vidéo/sculpture. Voici un aspect de la sculpture qui servira également d'écran (technique de mapping). Venez nous rendre visite.

Cliquez et bougez la sourie pour manipuler la louve directement dans cette fenêtre.

/ VERNISSAGE   Samedi 25 mai sur la place du village en présence des artistes 18 h     | Visite guidée mytho-logique de fermeture des espace chez l'habitant/ 19h      | Buffet d'inauguration/ 19h45  | Art visuel & sonore / 21h30  | Concert Mix DJ & VJ animé par Mat Tower "Il y a les artistes de chasse, les artistes de garde, les artistes d'arrêt, les artistes de compagnie, les artistes d'aveugle, les artistes de cirque, les artistes de traîneau. Ils portent parfois un masque, un loup plus exactement, qui leur donne l'air sauvage, mais, n'ayez pas peur, ce sont des carnivores végétariens, plutôt bien apprivoisés, très civilisés et cultivés. Ils sont présents les 25 et 26 mai dans les rues, sur les murs, dans les maisons de Loupian, en esprit, en chair, en os et en fourrure. C'est un événement important, une occasion, une découverte, une rencontre, un rendez-vous. Venez les voir. Leurs œuvres sont drôles, libres et sans collier" Pierre Tilman, parrain de l'évènement

/ / VERNISSAGE Samedi 25 mai sur la place du village en présence des artistes

Géophysik XV ---------------------------------------------------

Ce blog c'est carrément bien. Pas une audience de folie mais il tiens son rôle, important pour moi: ouvrir la porte de l'atelier. Par flash, sur des travaux finis ou en cours. Difficile à montrer sur le site mais possible et facile ici. Et puis je peux parler ou plutôt évoquer, des questions soulevées par ma pratique. Essentiellement autour de la modélisation et ses corollaires tel que le prototypage (impression 3D) ou l'animation. Concernant les bijoux je travail sur le désir d'un client de me voir réaliser un bracelet en or pour son épouse. Ce sera mon premier bracelet. Alors je me creuse la tête. Et puis, à force de tentatives, de fausses pistes, une idée force s'installe: créer un module qui se répéterai plusieurs fois et qui s'emboiterai sur lui même en changeant d'echelle. Pas clair? Des images bientôt mais c'est encore trop tôt et puis honneur au commanditaire. Le blog ne fait qu'entrouvrir la porte de l'atelier ce coup-ci! Mais en tournant autour du bracelet j'ai trouvé ça. Bracelet ou bague c'est au choix.   En cliquant sur ce lecteur vous pourrez manipuler le bijou en volume:

indécis -------------------------------------------------------------------

squelettes/blog/img/indecis_-------------------------------------------------------------------80.png

Un coup oui, un coup non. Et puis re-oui. C'est intéréssant? oui. Zut et puis re-non. Alors quoi faire. Ben rien. Continuer avec ces questions à balancier en tête. Entêtantes c'est sûr. Je lis régulièrement les articles de André Rouillé sur le site Paris-art. Et puis un copain malicieu m'envoie un condensé d'articles de Nicole Estérolle sur le site du schtroumpf émergent  qui s'énerve à longueur d'article sur l'art contemporain et qui fustige Rouillé et pas que! Alors d'accord ou pas d'ac? Un coup oui et un coup non. Mais pas que. Bref, j'avance pas trop. Pourtant je dois admettre que je trouve cette situation assez stimulante. Je viens de terminer un pliage d'une louve plus grande que nature en papier qui sera une sculpture certe mais aussi un écran, un support à images de synthèse que je fabrique parrallèlement autour d'un texte en construction de Juliette Mézenc. Et je pense aux sculptures de Xavier Veilhan. Une partie de son travail se reflète dans cette louve constituée de plans polygonales. Et je me dis que cette approche finalement n'est pas originale. En tout cas la forme n'est plus nouvelle. Pourtant je l'ai découverte en travaillant, en cherchant dans les paramètres de mes outils informatiques sans connaitre son travail. Alors je pousse les frontières. Enfin je tente. Et sur ma louve virtuelle concrétisée en papier, je projete des images virtuelles d'une louve bizarre et hallucinée. Un flou pas qu'à la marge. Sculpture ou écran? Un coup sculpture, un coup écran. Bref, un coup l'un, un coup l'autre. En tentant d'être tout autre? un coup oui, un coup non.

Une ligne de code ----------------------------------------------

squelettes/blog/img/Une_ligne_de_code_----------------------------------------------81.jpg

Je déclare une variable:

1. var mon propos;

Le nom de ma variable est donc "mon propos". Mais comme "mon propos" est une variable, "mon propos" varie. Je vais donc faire varier "mon propos". Mais avant qu'il ne varie il va falloir que "mon propos" ait une valeur car pour le moment "mon propos" est vide, la variable étant sans valeur. Allons y donc pour une nouvelle ligne de code :

1. var mon propos = propos général;

Ainsi écrit, "mon propos" a valeur de propos général. Mais si je pose une condition et exécute un test de cette condition "mon propos" change de valeur. Ainsi je code :

1. var mon propos = propos général;

une ligne de code -----------------------------------------------------

Je déclare une variable:

1. var mon propos;

Le nom de ma variable est donc "mon propos". Mais comme "mon propos" est une variable, "mon propos" varie. Je vais donc faire varier "mon propos". Mais avant qu'il ne varie il va falloir que "mon propos" ait une valeur car pour le moment "mon propos" est vide, la variable étant sans valeur. Allons y donc pour une nouvelle ligne de code :

1. var mon propos = propos général;

Ainsi écrit, "mon propos" a valeur de propos général. Mais si je pose une condition et exécute un test de cette condition "mon propos" change de valeur. Ainsi je code :

1. var mon propos = propos général;

119 résidence O25RJJ -----------------------------------------------------

Invités par Pascale Ciapp, Thomas Andro et Cédric Matet à faire une proposition pour le festival d'art contemporain à Loupian (34) "entre chien et loup" sur le thème de la louve, nous entrons en résidence avec Juliette Mézenc à l'O25RJJ pour une semaine de préchauffe. Juliette a déjà commencé à collecter des histoires auprès des habitants du village. Le loup étant l'animal totémique de Loupian, l'idée de Juliette est de demander aux gens ce que fait la louve lorsque le loup est de sortie. Où ça la mènera, quel genre de texte en sortira, elle ne le sait pas encore. Réfléchir sur un thème pose la question de l'angle d'attaque. Ou plutôt de la déviation de trajectoire. En effet, ma trajectoire artistique est en marche et des sujets bien particuliers m'occupent et m’intéressent à l'instant où la louve déboule dans mon univers. La question est donc de savoir comment créer un faisceau de canaux entre ce sujet et tous ceux qui m'animaient déjà. Entre bricolage logiciels 3D, pliage papier et projections vidéo, cette production hybride que je pratique a pour résultat de faire voyager le sujet d'un état à l'autre sans choisir, fixer, hiérarchiser ce dernier dans une forme ou une autre.

De "Pierre et le loup" en passant par "le petit chaperon rouge", la réalité physique de l’existence du loup est le point de départ de la fiction, un formidable outil à créer des histoires. Et si la création virtuelle d'une louve qui se matérialiserait dans du papier, pratiquant en quelque sorte le chemin inverse, du virtuel au réel, devenait à son tour un support à fiction ? En intégrant des vidéos projetées sur la louve en papier devenant à son tour une partie de l'écran (technique du mapping) et en faisant voyager les images dans cet espace visuel, un parallèle entre le sujet et mon processus créatif m'apparaît. Je peux alors jouer avec les images et les étapes de travail que la louve aura suscitées ou raccrochées de mes bricolages avant que ce sujet vienne frapper à ma porte. Ainsi ma proposition visuelle agirait comme un miroir du processus d'écriture de Juliette autour du même sujet, matière à histoires dès lors digérées et transposées dans nos univers. Alors le sujet ne m'apparaît plus comme une réduction de mon champ d'intérêt mais au contraire comme un lieu d'agglomération, un espace de liberté à l'image de la fiction où tout devient possible.

119 résidence O25RJJ -----------------------------------------------------

Invités par Pascale Ciapp, Thomas Andro et Cédric Matet à faire une proposition pour le festival d'art contemporain à Loupian (34) "entre chien et loup" sur le thème de la louve, nous entrons en résidence avec Juliette Mézenc à l'O25RJJ pour une semaine de préchauffe. Juliette a déjà commencé à collecter des histoires auprès des habitants du village. Le loup étant l'animal totémique de Loupian, l'idée de Juliette est de demander aux gens ce que fait la louve lorsque le loup est de sortie. Où ça la mènera, quel genre de texte en sortira, elle ne le sait pas encore. Réfléchir sur un thème pose la question de l'angle d'attaque. Ou plutôt de la déviation de trajectoire. En effet, ma trajectoire artistique est en marche et des sujets bien particuliers m'occupent et m’intéressent à l'instant où la louve déboule dans mon univers. La question est donc de savoir comment créer un faisceau de canaux entre ce sujet et tous ceux qui m'animaient déjà. Entre bricolage logiciels 3D, pliage papier et projections vidéo, cette production hybride que je pratique a pour résultat de faire voyager le sujet d'un état à l'autre sans choisir, fixer, hiérarchiser ce dernier dans une forme ou une autre.

De "Pierre et le loup" en passant par "le petit chaperon rouge", la réalité physique de l’existence du loup est le point de départ de la fiction, un formidable outil à créer des histoires. Et si la création virtuelle d'une louve qui se matérialiserait dans du papier, pratiquant en quelque sorte le chemin inverse, du virtuel au réel, devenait à son tour un support à fiction ? En intégrant des vidéos projetées sur la louve en papier devenant à son tour une partie de l'écran (technique du mapping) et en faisant voyager les images dans cet espace visuel, un parallèle entre le sujet et mon processus créatif m'apparaît. Je peux alors jouer avec les images et les étapes de travail que la louve aura suscitées ou raccrochées de mes bricolages avant que ce sujet vienne frapper à ma porte. Ainsi ma proposition visuelle agirait comme un miroir du processus d'écriture de Juliette autour du même sujet, matière à histoires dès lors digérées et transposées dans nos univers. Alors le sujet ne m'apparaît plus comme une réduction de mon champ d'intérêt mais au contraire comme un lieu d'agglomération, un espace de liberté à l'image de la fiction où tout devient possible.

119 résidence O25RJJ -----------------------------------------------------

Invités par Pascale Ciapp, Thomas Andro et Cédric Matet à faire une proposition pour le festival d'art contemporain à Loupian (34) "entre chien et loup" sur le thème de la louve, nous entrons en résidence avec Juliette Mézenc à l'O25RJJ pour une semaine de préchauffe. Juliette a déjà commencé à collecter des histoires auprès des habitants du village. Le loup étant l'animal totémique de Loupian, l'idée de Juliette est de demander aux gens ce que fait la louve lorsque le loup est de sortie. Où ça la mènera, quel genre de texte en sortira, elle ne le sait pas encore. Réfléchir sur un thème pose la question de l'angle d'attaque. Ou plutôt de la déviation de trajectoire. En effet, ma trajectoire artistique est en marche et des sujets bien particuliers m'occupent et m’intéressent à l'instant où la louve déboule dans mon univers. La question est donc de savoir comment créer un faisceau de canaux entre ce sujet et tous ceux qui m'animaient déjà. Entre bricolage logiciels 3D, pliage papier et projections vidéo, cette production hybride que je pratique a pour résultat de faire voyager le sujet d'un état à l'autre sans choisir, fixer, hiérarchiser ce dernier dans une forme ou une autre.

De "Pierre et le loup" en passant par "le petit chaperon rouge", la réalité physique de l’existence du loup est le point de départ de la fiction, un formidable outil à créer des histoires. Et si la création virtuelle d'une louve qui se matérialiserait dans du papier, pratiquant en quelque sorte le chemin inverse, du virtuel au réel, devenait à son tour un support à fiction ? En intégrant des vidéos projetées sur la louve en papier devenant à son tour une partie de l'écran (technique du mapping) et en faisant voyager les images dans cet espace visuel, un parallèle entre le sujet et mon processus créatif m'apparaît. Je peux alors jouer avec les images et les étapes de travail que la louve aura suscitées ou raccrochées de mes bricolages avant que ce sujet vienne frapper à ma porte. Ainsi ma proposition visuelle agirait comme un miroir du processus d'écriture de Juliette autour du même sujet, matière à histoires dès lors digérées et transposées dans nos univers. Alors le sujet ne m'apparaît plus comme une réduction de mon champ d'intérêt mais au contraire comme un lieu d'agglomération, un espace de liberté à l'image de la fiction où tout devient possible.

"entre chien et loup" résidence #1 -----------------------

118 On fabrique pas des smartphones ---------------------------------

squelettes/blog/img/118_On_fabrique_pas_des_smartphones_---------------------------------83.jpg

Travailler donne souvent à penser. C'est en tout cas ce qui m'arrive depuis que je travaille à la réalisation d'une huitre à facettes en inox poli, sorte de version disco de l'huitre de Bouziques. Je ne dis pas que c'est penser bien loin mais cela pose suffisement de questions pour que j'ai envie d'en parler ici. Parmi les artistes que je suit régulièrement sur le net à l'affût de leurs nouveaux travaux figurent des artistes tel que Xavier Veilhan ou Arik Levy pour leur approche du volume lié à la modélisation. Pourtant face à leurs réalisations quelque chose me dérange. Ou plutôt me tiens à distance et me renvoi à moi-même avec des questions du type: qu'est ce que tu veux faire? Et bien en travaillant à assembler les 251 faces en inox de 2 mm de mon huitre j'en viens à me poser la question de l'aspect final. De la finition en quelque sorte. Les artistes que j'ai cité travaillent avec des artisans d'une grande maitrise technique à la réalisation d'un volume irréprochable. On imagine mal en effet acheter un smartphone avec une grosse rayure sur l'écran. Pourtant, dans son jus estampillé "travail en cours", échouée sur le plan de travail de l'atelier, cette huitre bientôt refermée qui montre dans ses entrailles tout les réseaux de tiges soudées dont la fonction est de rigidifier en les reliant les faces de l'huitre me plait et me fait quasiment regretter de ne pas avoir mis dehors ce qui est dedans. Le savoir faire d'un grand artisan efface les traces de son passage sur l'objet pour que visuellement il paraisse parfait. J'ai vraiment envie de faire le contraire. Quelque chose se raconte dans la logique artisanale de construction d'un truc aussi bizarre qu'une huitre disco. Et puis on est des artistes et on construit pas des smartphones après tout!

L'huitre ouverte.

"une presqu'île n'est pas une île" ---------------------------------

Soirée vidéo passée, et très bien passée d’ailleurs, donc livraison numérique sur ce blog du court film que nous présentions avec Juliette à l'O25RJJ et qui s’appelle "une presqu'île n'est pas une île". Pour faire court c'est l'histoire d'une (presque) île (Sète) . Une île donc mais pas tout à fait. On s'est donc posé la question de savoir comment nous voyons celui auquel nous sommes tout de même relié. Au passage on se rendra compte qu'on à une vision assez particulière de nous même. Bref, à vos souris.

115 organes_os ---------------------------------------------------------------

squelettes/blog/img/115_organes_os_---------------------------------------------------------------86.jpg

Petit aperçu d'un montage osseux. Je me sens totalement à l'opposé du naturaliste qui collecte méticuleusement des os prélevés sur le "motif" en pleine campagne. Les miens sont de nature 100% OGM (os à géométrie modélisés). Quel intérêt dés lors? Franchement je n'en sais rien et, pour tout dire, c'est vraiment secondaire pour moi à première vue. Remarquez que je suis prudent et je dis "à première vue" car je sens qu'en écrivant je vais trouver un embryon de réponse, fumeuse à coup sûr. Ce qui m'intéresse c'est de fabriquer quelque chose avec un outil. En ce sens ma préoccupation de départ est basique: fabriquer des os en les modélisant avec ma panoplie de parfait petit geek. Pourquoi des os? Surement une réminiscence de visites au musée d'histoire naturelle de Paris. Les fossiles et montages compliqués de squelettes recomposés et suspendus sous la verrière y sont pour quelques chose. Mais, plus déterminant, la visite de l'exposition "design and the elastic mind" au MOMA de New York. Il y avait exposé les résultats de recherches sur les carrosseries de voiture dont la forme était déterminée par le principe de croissance des os. En effet, ceux-ci se développent de manière intelligente en réponse à leur fonction: soutenir de manière ferme d'autres parties du corps tout en restant le plus léger possible. Ce qui me frappe lorsque j'observe un os, c'est les traces de sa gènese: on peut lire dedans et le voir grandir tant sa croissance et sa fonction on laissés de traces. le temps c'est accumulé en lui à la manière d'un tronc d'arbre dont on lit l'âge en comptant les sections circulaires qui composent le tronc. Ici il s'est alongé, parfois en un laps de temps très court (l'adolescence), et des formes parsemées de lignes étirées dans le sens de déploiement de l'os ont laissés des traces de cette croissance rapide. Mais surtout on peut lire sa fonction dans sa forme. En effet certaines zones sont nervurée mais seulement à l'endroit où la pression sera la plus forte. Une arête parfois suffit, dans un soucis d'économie de matière, à raidir et renforcer tout une zone porteuse. La nature est intelligente. Pourquoi et comment? Je n'en sait rien mais en tout cas c'est suffisant comme point de départ pour emporter un désir de construction en relation étroite avec un outil, l’ordinateur, et développer des squelettes dont l'architecture générale serait imprégnée de ce principe. En suivant mon idée tout en cherchant à m'affranchir de l'observation naturaliste des os je me suis rendu compte que les os que je fabriquais avaient d'autres attributs réservés à des couches "supérieurs" qui le cache et l'enrobe habituellement. Ainsi des textures évoquant ostensiblement la peau et les veines sont apparus à même l'os. En regardant de plus prêt certains renflements à la surface d'une patte inventée me font penser à un muscle qui se tend sous le peau. Pris par ce qui apparait sous mes yeux au fur et à mesure que je modélise mon "squelette idéal", je me vois jusqu'à implanter une vulve sous le crâne d'une drôle de bête ainsi qu'un os de trompe qui ressemble à une langue. Bref, des organes_os! On nage en plein délire. Pourtant je retrouve bien ici le propos de la série des machines_os, hybrides de machines et d'os, dont le nature répondait à la logique de l'outil de travail, de l'alliance entre la modélisation polygonale et la modélisation en courbes NURBS. Même si cette nouvelle l'hybridation n'est plus une hybridation machine/nature mais plutôt nature/nature l'approche pour moi est la même. Et au passage quelque chose de plus dérangeant apparait en même temps que la hiérarchie os/organes/ peau disparait pour tout mettre sur le même plan. Mais ce que je retiens, à chaud, c'est le chavirement des perceptions qu'offres ce jeu avec le vocabulaire de la nature tout en restant la base, le squelette, d'un plaisir tout personnel.

Nouvelle soirée art vidéo à l'O25rjj---------------------------------

squelettes/blog/img/Nouvelle_soiree_art_video_a_l_O25rjj---------------------------------87.jpg

Habiter une presqu'île quand on descend de la montagne interpelle. Travailler le volume dans l'espace virtuel d'un ordinateur quand on vient de la sculpture traditionnelle en bronze interroge également. Et ce qui est bien dans ce fatras d'interpellations qui peuplent un quotidien c'est la faculté qu'il acquiers de dégrader ce quotidien de l'idée de répétition. Une presqu'île n'est pas une île mais elle n'est pas loin d'en être une. Et son paysage dégradé du statut insulaire pose toujours malgré tout jour après jour la question de l'insularité.

Soirée art-vidéo à l'O25rjj ce

Présentation de la vidéo "une presqu'île n'est pas une île" sur un texte de Juliette Mézenc

presqu'île------------------------------------------------------------------

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L'année commence et je profite de ce blog pour poster une image d'un paysage familier extrait d'une vidéo que nous venons de terminer avec Juliette Mézenc dans le cadre d'une soirée art vidéo à l'O25RJJ. Sur "place de la toile" à la radio on parle de "l'homme simplifié" qui serait limité par l'usage de la machine et réduit à un langage fait de conditions binaires, pour faire simple, oui/non, à la manière d'un algorithme.  Je réponds peut-être, pas du tout, bien au contrainte, c'est possible mais ce n'est pas sûr. Créer des paysages virtuels, par exemple, n'est pas répondre à la question. Ce n'est pas une réponse mais peu-être, c'est possible mais ce n'est pas sûr. Pas du tout, bien au contraire.

Chantier--------------------------------------------------------------------

Pourquoi ce post-Filoche?   Parce que ce mail un jour de Laure Agnès avec ce mot: "il y en a qui y croient!". Donc j'y vais et, court circuit, j'y crois.   Parce que ce chantier devant chez moi et ces marteaux piqueurs qui font tacatacatacatacatac. Alors court circuit belle rue guerre de rue.   Parce que Juliette écriture en chantier et capture 3D pour l'illustrer. Alors court circuit images de synthèse image de reporter.   Parce que ce mot de Jean sur portée politique travail artistique. Donc réflexion et court circuit Filoche Gavroche.   Parce que école de commerce et capital, pas dit, pas dupe. Donc court circuit parole et pas peur.   Parce qu'au fond changement, désir et artiste irresponsable. Alors court circuit utopie démocratique.   Parce qu'enfin Filoche voix cassée et tentatives modération. Donc protestation au tréfonds.

Minotaure deuxième----------------------------------------------------

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Premier post depuis ma sortie de résidence du CNEC la la chartreuse de Villeneuve lez Avignon au mois d'octobre. Inactivitée blog inaccoutumée liée à une suractivité artistique! Pas mal de projets à l'étude et déplacements dont un à Paris pour présenter le film de la restitution que nous avons présenté avec mes camarades auteurs, Cécile Portier et Juliette Mézenc lors d'un colloque sur l'écriture web à la BNF François Mitterrand. Cette vidéo sera bientôt en ligne sur le site en construction du projet "étant donnée" de Cécile Portier. En attendant petit variation bijou dans le cadre de deux commandes. La première concerne le Minotaure de 1,6 m de hauteur que j'avais réalisé il y à environ 5 an pour un client. Rebelote mais en or cette fois et en seulement  7 cm de hauteur à porter en pendentif. Le second s'appelle "bulbe III", en or également. Il s'agit d'un pendentif dont je présentais dés cet été les images de synthèse sur mon site. Au programme dans le mois à venir deux courtes vidéos "une presqu'île n'est pas une île" et "chantier", une huître en inox de bonne taille (hors catégorie en tout cas sur l'étal de ma marchande préférée sur le marché de Sète), un studio vert et un haut relief en marqueterie inox pour le promoteur Néxity. Perdez pas le fil je posterais régulièrement sur ses sujets.

Etant donnée/inter(faces)---------------------------------------------

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ETANT DONNEE / INTER(FACES)  Restitution publique de résidence le 25 octobre à 20 h 30 à la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon - Collectif Simple Appareil ®, Stéphane Gantelet, Juliette Mézenc, Cécile Portier  «Face à moi, se présente une instance pleine de sollicitude. Je la connais déjà. Très souvent elle est là, face à moi. Tous les jours. Son apparente simplicité me désarme et m’appelle.»    Une femme passe, quelque chose d’elle est capté. Son image, son attention, sa présence. Qu’elle soit face à un dispositif de consultation ou de surveillance, elle se mire dans les écrans, dialogue avec eux, comme s’ils étaient miroirs d’elle-même et du monde, capables de tout restituer, de tout redéfinir. ------------   Inter(faces) constitue un des moments de la fiction Etant donnée. Etant donnée une femme. Vous la retrouvez nue et inconsciente dans un terrain vague. Elle se réveille, amnésique. Vous aurez la tentation, le devoir, de la rhabiller entièrement en recousant pour elle le manteau de données collectées sur ce que fut sa vie d’avant : nom, prénom, situation, localisation, comportements d’achats, options de vote ou d’abstention, navigation et mouvements absorbés en télésurveillance… Faits, gestes et opinions répertoriés et mis en chiffres, en icônes indiscutables de son identité. Vous saurez tout. Mais que faites-vous en faisant cela, sinon échouer à la rendre à elle-même? Et vous, votre vie s'écrit-elle seulement en données apposées? A partir d'une fiction poétique inspirée par l’oeuvre célèbre de Marcel Duchamp, Etant donnés, Cécile Portier a proposé à des auteurs, artistes, développeurs, de venir dialoguer avec ses textes pour créer ensemble un collectif volontairement flou, le Collectif Simple Appareil®. Cécile Portier, http://petiteracine.net, a écrit Contact aux Editions du Seuil, Saphir Antalgos aux Éditions publie.net, Juliette Mézenc, http://motmaquis.net, a écrit Sujets sensibles et Poreuse aux Editions publie.net. Stéphane Gantelet, http://gantelet.com : sculptures, fichiers    

Je pense à toi------------------------------------------------------------

Dernière née des courtes vidéos crées durant ma résidence à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. Nous avançons sur le projet "étant donné" de et avec Cécile Portier en vu d'une restitution publique le 25 octobre. Cette notion de capture de présence est centrale dans le texte que Cécile peaufine. Un large éventail de dispositifs numériques s'offrent à nous que nous tentons de mettre en forme pour dialoguer avec les mots. En attendant "je pense à toi".

Chartreuse----------------------------------------------------------------

3éme court film issu de mes soirées à la Chartreuse. Cette fois c'est la Chartreuse elle-même au travers du cloitre St jean qui sert de prétexte à un dialogue entre images réelles et capture 3D. Si la photo est le moyen de capturer au plus "vrai" un espace, elle le fait en fixant l'espace dans le temps (image fixe). La capture du volume lui rend ce temps en faisant une image animée. Pourtant l'espace que le logiciel permet d'interpréter s'en trouve transfomé et dégradé. Un dialogue dés lors insolite et bizarre opère. le texte est lui aussi issu d'un atelier d'écriture animé par l'auteur Juliette Mézenc.

protocole bis--------------------------------------------------------------

Une seconde vidéo suivant de très près la précédente et présentant les mêmes attributs de protocole. Durée: 1mn.

capture de présence---------------------------------------------------

Fin de la première semaine de ma résidence à la chartreuse de Villeneuve Lez Avignon. En attendant l'arrivée de Cécile portier, initiatrice du projet, et de tester le dispositif que nous avons élaboré autour de son projet "étant donné", je profite de mes soirées à l'isolement pour produire de courtes vidéos sur la notion de capture de présence qui nous préoccupe. Le matériaux visuels de base est un scan en volume d'un buste associé à un texte que j'ai produit durant un atelier d'écriture animé par l'auteur Juliette Mézenc. Je tente ici de créer un contexte autour de la capture en 3D d'un visage que la restitution numérique en volume virtuel vide de toute vie. C'est donc au texte que revient la responsabilité d'injecter ce que la capture à vidée. Mais je souhaite y arriver par l'image également. Ainsi, en utilisant des techniques de mapping (application d'une texture sur un volume) le texte habille littéralement le visage et se déplace en épousant ces traits créant de la sorte une seconde peau vivante car animée, fabriquée certes, mais contextuel.

Préparatifs---------------------------------------------------------------

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Entrée en résidence à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon mardi 9 octobre pour 3 semaines avec restitution publique le jeudi 25 octobre à 20h30. Préparatifs tous azimuts.

Cette résidence est un projet initié par l'auteur Cécile Portier qui a écrit une série de textes sur l'identité en s'inspirant du dernier tableau de Marcel Duchamp "étant donné". Elle propose une "mise en scène d’une virginité sous les auspices du “reset” numérique". J'interviens pour un épisode de ce texte autour de la notion de capture de présence. Le dispositif prévoit la réalisation d'une sculpture à facettes de 2 m sur laquelle est projeté un double virtuel scanné en 3D en faisant un usage détourné d'une Kinect. Au fil de la lecture les facettes sont augmentées d'informations transmises par le texte. Un dispositif pas simple à mettre en oeuvre mais très stimulant !

La lettre d'information de la Chartreuse présente les choses de cette manière:

  Étant donnée, par le Collectif Simple Appareil ® Ecrivain : Cécile Portier, http://petiteracine.net, a écrit Contact aux Editions du Seuil, Saphir Antalgos aux Éditions publie.net, et a mené une expérience de fiction collective sur web http://petiteracine.net/traquetraces/ Sculpteur sur bronze, papier, fichiers : Stéphane Gantelet, http://gantelet.com

 Etant donnée une femme. Vous la retrouvez nue et inconsciente, elle se réveille, amnésique. Vous aurez la tentation de la rhabiller entièrement en recousant pour elle le manteau de données collectées sur ce que fut sa vie d’avant : nom, prénom, situation, comportements d’achats, de vote ou d’abstention, navigation et mouvements absorbés en télésurveillance… Faits, gestes et opinions répertoriés et mis en chiffres, en icônes de son identité. Vous saurez tout. Mais que faites-vous en faisant cela, sinon échouer à la rendre à elle-même? Et vous, votre vie s'écrit-elle seulement en données apposées? A partir d'une fiction poétique inspirée par l’oeuvre de Marcel Duchamp, Etant donnés, Cécile Portier a proposé à d’autres artistes de venir dialoguer avec ses textes. La résidence sera l’occasion du lancement d'un site web regroupant les créations déjà réalisées et d’une réalisation, avec Stéphane Gantelet, d'un moment inédit de l'œuvre, travaillant autour de la "capture de présence". Restitution publique le 25 octobre à 20 h à la Chartreuse.  

Vaste espace-------------------------------------------------------------

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Après un été intense avec expo,(expo Fiest'à Sète) et déménagement de l'atelier en prévision j'ai travaillé dur à l'adoption de nouveaux logiciels pour développer l'éventail des formes que j'étais en mesure d'appréhender dans l'espace virtuel. Avec le soutien de ma région (Languedoc-Roussillon) j'ai acquis la Design suite de Autodesk et appris à utiliser des outils logiciels fabuleux en cherchant les chemins d'interopérabilité pour poursuivre dans l'un ce que j'ai crée dans l'autre et vice versa. Mais pour apprendre à chercher et mieux encore pour trouver il faut un projet concret. J'ai donc terminé l'été en créant de nouveaux bijoux. Ainsi est née la collection "Bulbe" et de nouveaux modèles pour les collections "Cartilage" et "Connect". Durant l'année, j'avais aussi présenté à des clients des nouveautés dans la collection "Géophysik" qui étaient restés sur mon disque dur. En mettant à jour mon site j'en ai profité pour les insérer. Chaque bijou est accompagné d'une vidéo "turntable" qui permet de faire le tour du bijou pour mieux l'appréhender dans l'espace. J'ai aussi envie de répondre à la question de l'interopérabilité de manière plus large en organisant le débordement du bijou, que de doute manière je conçois en sculpteur, de son échelle de bijou à celle de volume tout court en l'agrandissant en ayant recours à l'impression 3D. Vous pensez que c'est une bague lorsque vous le voyez comme ça?

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Pendant longtemps j'ai publié des posts sur mon blog overBlog. Depuis l'importation du blog sur mon site certains liens ne sont plus fonctionnels. C'est la dure loi de la mise à jour...